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♬ Kamelot - Beautiful Apocalypse (Instrumental) ♬

Le lendemain, pendant que Calypso et Köylen étaient dans le studio en train d’écouter l’instrumentale du deuxième titre que le chanteur allait reprendre, le reste des Gen X étaient dans la cuisine à discuter et grignoter.
- Vous êtes sûrs que c’est une bonne idée de les laisser seuls tous les deux dans le studio ? Demanda Jan à Sebastian et Korben, totalement perplexe et inquiet.
- T’inquiète. Le rassura Korben. - Ça fait vingt minutes et ça a l’air d’aller...
- Ouais enfin, ils ne se sont pas encore parlé... Fit remarquer Torsten, tout aussi préoccupé.
- Ne vous inquiétez pas, on vous dit ! Dit Sebastian à son tour. - S’ils se mettent à gueuler, laissez les faire. On interviendra seulement si ça part vraiment en cacahuète mais vous savez tous aussi bien que moi que ça n’arrivera pas. Köy n’a jamais été une brute et ce n’est pas avec Calypso qu’il le deviendra...
- Ce sont vraiment de sacrés numéros ces deux-là. Soupira Jan, blasé. - J’ai jamais vu des gens qui s’aimaient autant se faire souffrir comme ça. C’est à cause de ce genre de conneries que j’ai pas envie de me caser.

- Attends de trouver la bonne personne et tu me rediras ça. Rétorqua Korben, souriant.
- En parlant de ça, t’as conclu avec la brésilienne d’hier soir, toi ?? Demanda Torsten, intéressé, tout comme les deux autres musiciens qui attendaient sa réponse avec impatience.
- On n’a pas conclu, non. Mais on s’est échangé nos numéros... on va se revoir bientôt. Répondit le guitariste en rougissant malgré lui.
Il ne revenait toujours pas de la facilité avec laquelle le feeling était passé avec Tabatah. Ils avaient discuté et rit ensemble jusqu’à la fermeture de la boîte. En plus d’être magnifique, elle était extrêmement ouverte d’esprit et cultivé. C’était un vrai régal de l’entendre parler de son pays natal, de ses voyages et de sa vision du monde.
Le guitariste était resté pendu à ses lèvres pendant la totalité de leur échange et naturellement, ils avaient prévu de se revoir dans un endroit plus calme et cosy dès qu’elle serait disponible.
Il sentait que quelque chose d’intéressant pourrait se passer entre eux, il espérait cependant que sa bisexualité ne serait pas un frein pour elle.
- On est grave content pour toi, gars. Dit Sebastian en lui tapotant le dos. - On te souhaite le meilleur !

Alors que Korben allait répondre, il fut avec les trois autres jeunes hommes coupé dans son élan par les beuglements de leur leader.
- Tu recommences avec ça encore ?? Mais c’est quand que tu vas lâcher l’affaire, en fait ??
- Et c’est parti ! S’exclama Torsten en avalant une dernière gorgée de son soda.

Alors que cela faisait cinq minutes que l’ex-couple était en train de s’engueuler une énième fois au sujet du souhait de Caly d’interpréter King for a Day, la sonnette de la porte d’entrée retenti. Sebastian se porta volontaire pour aller accueillir leur visiteur, toujours sous les engueulades des leaders et ce dernier soupira légèrement quand il vit qu’il s’agissait de Kristina.

- Manquait plus qu’ça... Pensa le batteur en ouvrant la porte à sa belle-sœur. - Salut Kristina, désolé mais c’est vraiment pas le moment, là...
La jeune femme n’eut même pas le temps de répondre qu’elle entendit le brouhaha qui sortait du studio. Sa mine se renfrogna illico en reconnaissant la voix de son petit ami, en train de s’égosiller en finnois avec son ex !
- Je suis venue pour voir Köylen, tu n’as aucun droit de m’empêcher d’entrer. Tu n’es pas chez toi, ici.
- Peut-être mais moi, oui. Entendit-elle dire Korben depuis la cuisine. - C’est pas contre toi, Kristina. C’est juste que comme tu peux l’entendre c’est vraiment tendu à côté et je pense pas que ta présence arrangera les choses.
- Köylen est mon copain, c’est mon devoir de le défendre et d’être à ses côtés quand il va pas bien ! S’entêta la grande blonde.
- Köylen est assez grand pour s’occuper de lui-même. Rétorqua Sebastian froidement. - On lui fera savoir que tu es passé et il te recontactera quand il pourra. A bientôt, Kristina. Dit-il enfin en refermant la porte, coupant court à leur échange.

Kristina resta sidérée devant la porte pendant une quinzaine de secondes avant de regagner sa voiture, en colère comme jamais.
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Dans le studio d’enregistrement, la tension était à son comble. Les deux leaders se regardaient avec une animosité sans nom.

- Je sais plus ce que j’dois faire, franchement ! S’exaspéra Calypso en se dirigeant vers la fenêtre de la pièce pour mettre de l’espace entre eux. - Tout est un prétexte pour que tu m’attaques !
- Et allez, ça y est ! Maintenant elle va faire sa pauvre petite victime ! S’exclama le grand brun en s’asseyant sur l’une des chaises face à la table de mixage. - Je t’ai juste dis de choisir un autre titre et pour une fois que quelque chose ne va pas dans ton sens, tu pètes un câble.

- Je pète un câble ? T’es sérieux, toi ?? C’est toi qu’est parti full Berserk quand j’ai choisi ce titre. Qu’est-ce qu’il a de si spécial pour que tu ne veuilles pas que je l’interprète ? Si c’est l’excuse bidon sur la puissance de ma voix, tu as bien vu comme tous les autres que j’avais les capacités de la chanter. Donc arrêtes ton char, on sait tous les deux que tu me fais payer ma « pseudo tromperie » depuis le début !
- Ta pseudo tromperie ?! Dit Köylen en se relevant subitement de son siège. - Malgré tout ce temps et toutes les preuves contre toi, tu nies encore ?! T’es vraiment grave, toi !
Pour la première fois depuis leur réunion, ils abordaient le sujet épineux de leur rupture. Ils étaient tous les deux fébriles et à fleur de peau. Calypso ferma les yeux pour empêcher ses larmes de couler et surtout pour se calmer et éviter de dire quelque chose qu’elle pourrait regretter, empirer la situation et foutre leurs deux groupes en l’air. Quand elle les rouvrit, elle regarda son ex et lui répondit froidement.

- T’étais l’amour de ma vie, Köylen. Est-ce que tu le réalises ça ? Avec tout ce qu’on s’est dit, les choses qu’on a vécu ensemble, l’alchimie qu’on avait et tout... Comment t’as pu croire une seule ligne de ce tabloïd, rempli d’images détournées et de mensonges ? Je t’ai présenté à mes parents, on s’est échangé nos plus profonds secrets et j’en passe. On était bien ensemble. Mais il a fallu qu’une salope vienne te tourner la tête et d’un torchon à la con pour que tu remettes notre couple en question ! T’as préféré m’abandonner plutôt que de régler le problème ! T’es qu’un lâche !
- Et après on vient dire que c’est moi qui suis d’une mauvaise foi légendaire... Tu ne m’as jamais aimé, tu ne voyais que la notoriété que je pouvais apporter à ton groupe. Je sais très bien ce que certaines personnes sont prêtes à faire pour la célébrité et tu m’as bien berné. Ce que je ressentais pour toi je ne l’avais ressenti pour personne. Toi aussi tu étais l’amour de ma vie, tu étais tout pour moi ! Mais tout était faux et tu persistes et signes à me faire croire le contraire, même aujourd’hui !!! Tu me parles d’images détournées mais la photo où on te voit dans les bras de ce connard de DJ elle n’a pas été prise devant son appartement le même soir où on devait se retrouver chez moi pour passer notre dernière nuit ensemble avant ton départ en tournée? Tu vas nier ça aussi, peut-être ?

- En effet, c’était bien en bas de son appart. Acquiesça Caly, toujours aussi stoïque. - On se disait simplement au revoir, Köylen. Rien de plus.
- C’est ça, oui. Si c’était si simple, pourquoi ne pas m’avoir dit que tu étais passé chez lui avant de venir chez moi dans ce cas, alors ?
- Je ne t’ai rien dit parce que tu le détestais et que tu m’aurais fait une scène pour rien. Je voulais pas que notre dernière nuit soit gâchée à cause d’une futilité. Je n’étais restée qu’une demi-heure pour qu’on discute des modalités pour ses premières parties lors de nos concerts. C’était la seule erreur de ma part !! Le reste est un ramassis de conneries.
- J’te crois pas, Calypso. J’te crois pas... Persista Köylen, blessé au plus profond de lui-même.
- Franchement je vais te dire un truc : que tu me crois ou non, c’est le cadet de mes soucis à présent. Je vais pas ressasser le passé et continuer de me justifier pour te faire entendre raison. Tout ce que je te demande, c’est qu’on mette tout ça de côté pour qu’on puisse travailler de la manière la plus optimale de façon à ce qu’on propose à notre public du son de qualité et qu’on ramène la coupe de l’Eurovision en Finlande. Plus vite on s’y mettra, plus vitre on en aura terminé pour de bon toi et moi. Je tracerai ma route et toi la tienne. On ne se reverra plus... ou très rarement étant donné qu’on a quand même des amis en commun. Est-ce que tu te sens capable de faire ça ??
Un mutisme gagna la pièce pendant quelques secondes qui paraissaient durer une éternité. Les deux leaders se regardaient froidement droit dans les yeux, toujours aussi tendus mais en quelque part assez apaisé qu’ils aient enfin pu dire ce qu’ils avaient sur le cœur, même si leur conversation avait plutôt l’air d’un dialogue de sourd.
- J’en suis capable, oui. Dit-il en déviant son regard d’elle pour regarder le sol. Il l’entendit soupirer longuement de fatigue.
- Bon, très bien. Finit-elle par dire après quelques secondes de silence supplémentaire - Je rentre chez moi. Je sais que demain vous allez enregistrer l’instrumentale de King for a Day. La prochaine fois que je viendrai, je ferai les tests vocaux pour que tu puisses avoir une idée du rendu final. Libre à toi de me guider pour que mon interprétation soit optimale. Je chanterai cette chanson, point final.

Köylen n’eut pas le temps de répondre car Caly disparu de la pièce aussitôt qu’elle finit de parler. Fatigué au plus haut point, il se laissa tomber sur l’un des canapés de la pièce.
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Quand le reste du groupe vit Calypso sortir de la pièce, ils se dirigèrent tous vers elle. Ils remarquèrent tous qu’elle n’allait vraiment pas bien et qu’elle était à deux doigts d’exploser en sanglot. Elle n’eut pas besoin de leur expliquer ce qu’il s’était passé étant donné qu’ils avaient été assez bruyants.
- Tu ne veux pas que je te ramène chez toi ? Lui proposa Sebastian, inquiet.
- Non, ne t’inquiète pas ça va aller. Le rassura-t-elle. - Ça me fera du bien de conduire... Vous devriez aller le voir lui plutôt, je pense. Continua-t-elle en se dirigeant vers la sortie. - On se voit dans quelques jours.
- Fais attention à toi. Préviens-nous quand tu seras chez toi. Lui demanda Korben.
- C’est promis.
