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- Salut, Helga. Ça faisait longtemps. Répondit-il une fois qu’il prit place face à elle. Il mit ses mains sur ses cuisses et gardait lui également un ton monocorde et un visage neutre comme on le lui avait demandé.
- Oui, ça faisait longtemps... Répéta-t-elle machinalement. - Je n’aime pas trop ta nouvelle coupe. Lui dit-elle ensuite en le scrutant attentivement.
- Ah... désolé qu’elle ne te plaise pas. Il tenta d’amener son interlocutrice vers les sujets de conversation qui l’intéressait. Il ne pouvait nier que son stress n’avait pas vraiment diminué... Il n’était clairement pas habitué à parler comme une machine. - Je suis content de te revoir... Tu es bien traitée ici ?

- Oui, très ! S’exclama Helga, soudainement. Elle regarda les quatre officiers postés aux quatre coins de la petite pièce avant de reporter son attention sur Wilhem. - On me donne tout ce que j’ai toujours voulu, ici. On s’occupe de moi H24, on me protège et on m’aime. Tu les vois ces quatre grands gaillards, ils sont là pour me protéger et ça rend toutes les autres filles jalouses. Elle se mit à glousser. - J’ai mes propres quartiers, en plus... Ah et on me lave, on m’apporte à manger et Vik est toujours là pour moi. Je sais enfin ce que c’est que d’être aimée réciproquement.
Le très grand blond remarqua que son ancienne amie regardait le miroir teintée l’air rêveuse.
- Je suis heureux que tu te sentes bien, ici. L’extérieur ne te manque pas malgré ça... ? Lui demanda-t-il alors.

- L’extérieur ? Helga lui redonna toute son attention. Elle semblait un peu confuse par la question avant de froncer les sourcils. - Il n’y a rien pour moi dehors. On ne m’a jamais accepté. J’avais un cœur pur et il m’a été arraché, souillé et piétiné. Pourtant j’ai fait tout ce qu’il fallait pour que ça marche, mais non... j’ai toujours fini par être laissée de côté.
- Tu n’as jamais été laissé de côté, Helga. Tu avais des amis : Tea, moi et en ce qui concerne Sledge... Wilhem vit Helga se tendre au moment même où le prénom du guitariste Amaranth sorti de sa bouche, mais il décida de continuer malgré tout. - Ce n’est pas parce qu’il n’a pas répondu à tes sentiments par l’affirmative que tu ne valais rien. L’amour non réciproque ça arrive malheureusement et ça ne veut pas dire que tu ne trouveras pas l’amour plus tard.
- J’en suis consciente maintenant que Viktor et mes autres amours sont dans ma vie. Tu as raison, toi et Tea avez été de véritables amis pour moi. Sans ton aide je n’aurais jamais évolué et atteint mon plein potentiel.
Cette dernière phrase fit froid dans le dos de Wilhem qui sentait la culpabilité le regagner. Elle venait de confirmer sa responsabilité dans son déclin.
- Pardonne-moi, Helga... je n’aurais jamais dû te donner toutes ces infos sur la Méphédrone.
- Je viens de te remercier et toi tu t’excuse... Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?
- Helga, tu te rends compte que tu as tué des gens en partie à cause de ça ? Demanda alors Wilhem.

- Je visais Zupprika à la base. Sledge m’a foutu une dernière gifle en s’interposant. Croyant l’avoir tué j’ai pété un câble et ai tiré sur tout ce qui bougeait sans vraiment réfléchir... Mais bon... J’dois avouer que c’était un peu grisant. Serkan aura été un bon professeur parce que je pense n’avoir pas raté beaucoup de mes cibles. Il aurait été fier de moi. Je me demande ce qu’il devient parfois... Rétorqua Helga, un léger sourire au visage.
A ce moment précis, Wilhem se fit violence pour ne pas partir de la pièce. Aussi désagréable qu’était ce moment il était bien déterminé à sortir de cette pièce une fois qu’il aurait dit tout ce qu’il avait sur le cœur.
- Personne ne méritait de mourir pour ça, Helga... Personne.
La grande rousse se contenta de hausser les épaules, pas le moins dérangée parce qu’elle venait de dire. Elle s’adossa nonchalamment à sa chaise, l’air tout à fait détendue.
- Ce qui est fait est fait. Je suis heureuse, maintenant... et je suis sûre que c’est le cas pour Sledge également. Chacun y a trouvé son compte dans cette histoire. Si je n’avais pas fait toutes ces choses, je n’en serai pas là.
- Tu n’as même pas le moindre soupçon de remord pour tes actes ? Même pas un tout petit ? Pas une seule pensée pour les familles de tes victimes ?
- Un tout petit peu, oui... mais je suppose qu’il fallait en arriver là pour que je me rende compte des choses.
- Tu aurais tenu le même discours si j’avais fait partie des victimes... ?
Le jeune homme remarqua l’expression d’Helga changer légèrement.
- Oui... J’ai plus très envie de te parler maintenant...

- D’accord. Je ne vais pas te faire perdre ton temps encore longtemps. Je voulais juste que tu saches certaines choses, est-ce que tu peux au moins me laisser te les dire ? Demanda alors Wilhem. Helga se contenta de hocher la tête. - Je suis content d’être venu. Je suis content de savoir que tu es bien traité ici et que finalement tu ne sortiras jamais... Je vais pouvoir dire à Sledge et ses proches que tu ne seras plus jamais un problème pour eux et qu’il pourra élever son fils correctement sans angoisser de te recroiser un jour.
- Son... fils ? Répéta Helga, très lentement.
- Oui, Sledge est papa depuis un peu plus d’un an, maintenant.
- Qui est la mère... ? L’interrogea la jeune femme, le visage redevenu inexpressif.
- Zupprika, qui d’autre ? Répondit alors son interlocuteur. - Ce petit garçon a été un véritable remède, si l’on peut dire, pour qu’ils arrivent vraiment à se reconstruire. Sa naissance a été un tout nouveau départ pour eux et ils sont plus forts que jamais, maintenant.
- Tant mieux pour eux. Répondit Helga, le visage toujours aussi stoïque. - J’aurais été une meilleure mère pour nos potentiels enfants mais il n’aura jamais la joie de s’en rendre compte.
- Tu ne seras jamais la mère de qui que ce soit et c’est une très bonne chose en fin de compte. Wilhem voulait ajouter qu’elle avait gâché sa vie mais cette dernière semblait très bien ici... - Je vais te laisser, maintenant. Dit-il en commençant à se lever.

- Passe-leur le bonjour de ma part. Dit Helga, un sourire étrange sur le visage. Wilhem ne répondit rien et se contenta de sortir de la pièce assez rapidement.

Une fois de l’autre côté de la vitre teintée, il rejoint Viktor qui était en train d’éteindre la caméra. Ils se mirent à discuter pendant que les quatre gardes escortaient Helga hors de la pièce.
- C’était assez intéressant comme conversation... Constata le médecin. - Grâce à cela je vais pouvoir mieux travailler avec elle. Merci beaucoup.
- De rien... Se contenta de répondre Wilhem de manière très morne.
- J’espère que vous êtes conscient que vous n’avez rien à voir avec ses agissements ? Vous ne pouviez pas prévoir qu’elle allait consommer la Méphédrone et elle aurait de toute façon fini par avoir une crise délirante sur quelqu’un... Cette jeune femme est un véritable cas d’école.
- Je... J’essaye de me le rappeler, mais c’est très difficile. Lui confia le grand blond.
- Je comprends bien... Je fais juste le souhait que votre culpabilité s’atténue jusqu’à disparaître pour que vous puissiez avancer et vivre votre vie à cent pour cent.
- Merci monsieur Tulinen. Merci pour tout...

Les deux hommes se dirigèrent vers la sortie de l’établissement en parlant médecine. Quand ils arrivèrent devant la porte de l’établissement, ils se serrèrent la main chaleureusement.
- Je vous souhaite bonne chance pour votre expérience à Los Angeles. Souhaitez-vous que je vous tienne au courant sur l’état d’Helga ?
- Non, merci. Avoir de ses nouvelles ne m’aidera pas à déculpabiliser... Et j’ai pu lui dire ce que j’avais à lui dire, donc...
- Très bien. En tout cas si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à me contacter.
Wilhem acquiesça avant de sortir, l’air pensif. Il allait enfin pouvoir mettre toute cette histoire derrière lui et s’occuper de choses plus importantes, à savoir sa grande sœur et ses études de médecine. Une page de sa vie de venait de se tourner et un nouveau chapitre commençait.
