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~ 179 ~

par Geist

~ 179 ~

 

Il n’était que cinq heures de l’après-midi sur les terres glacées de la Finlande et Wilhem était dans son labo à travailler sur une nouvelle plante qu’il venait d’acquérir avec la musique d’Amaranth en fond sonore.

Le grand blond était plus que content et excité face à l’expérience qu’il allait vivre au Cedars Sinai. Il savait qu’il faisait partit d’un programme expérimental où les quatre meilleurs étudiants de son Université pouvaient bénéficier d’une expérience préliminaire à l’internat en médecine dans l’Hôpital de leur choix, et avant sa brève entrevue avec le Docteur Virtanen, Wilhem était persuadé que sa requête serait vue comme fantasque par les membres de sa formation et que jamais son projet n’aboutirait mais il s’était révélé que c’était tout le contraire et que d’ici quelques mois, il serait en route pour Los Angeles !

 

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Rien que de penser à ça le fit se trémousser de joie jusqu’à ce qu’il soit interrompu par l’arrivée de son grand frère Aldarik, dans la pièce qui le refroidit direct.

- Tu veux pas baisser ta musique, faut que je te dise un truc et j’arrive même pas à m’entendre parler derrière tout ce raffut !

- Dixit celui qui n’a pas voulu me rendre l’album pendant près d’un mois parce qu’il l’écoutait en boucle et à fond dans sa voiture et à la maison... Pouffa Wil en baissant tout de même le volume de son iHome. – Qu’est-ce que tu veux ?

 

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- C’était encore une fois pour te féliciter pour ton internat à L.A. Tu fais vraiment la fierté de la famille et pour célébrer ça, papa et maman rentrent ce soir de leur voyage d’affaire pour qu’on dine tous ensemble.

- Oh, comme c’est gentil de leur part de faire des milliers de kilomètres pour passer un peu de temps avec nous... Répondit sarcastiquement le grand blond. – Laisse-moi deviner : ils repartent le lendemain ? Depuis que tu es majeur, ils ne restent pas plus d’une semaine ici... Ils n’étaient pas obligés de mettre leurs plans en suspend pour moi.

- Ne gâche pas tout Wil, tu sais très bien qu’ils sont très occupés avec le business familial. D’autant plus que leur voyage à Dubaï était très important pour l’exportation de l’entreprise. Tu ne te rends pas compte de l’opportunité qui leur est offerte. Répondit son grand frère de sa voix grave. – Tout ce que papa a battît, c’est notre héritage.

- C’est toi qui va reprendre les rênes, pas Tea et moi. C’est plus TON héritage que le notre...

- Certes, je reprendrai le flambeau quand il le faudra, en effet... Mais il ne reste que Tea et toi, vous possèderez tout de même de grandes parts de l’entreprise, vous aussi. Répondit Aldarik. - Si tu veux mon avis, Tea ne le mérite pas, elle n’a rien fait de sa vie qui mérite qu’elle devienne rentière ! Tout ce qu’elle a fait c’est se faire troncher par la moitié des mecs de Vaasa et Helsinki avant de s’envoler aux Etats-Unis pour vendre son cul. S’exclama-t-il ensuite. - Ah mais j’oubliais ! Elle l’a déjà montré à la Finlande entière quand elle a plagié je ne sais quel artiste, juste pour remettre le grappin sur Köylen Pawelski !

 

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- Arrête Rick, tu deviens méchant, là. C’est l’absence de nos parents qui l’a rendue comme ça. Je ne dis pas que ça excuse tout ce qu’elle a pu faire, ni que cette absence est la seule raison de son comportement, mais ça l’est en grande partie ! Son attitude, les nombreuses liaisons qu’elle a eu, sa vocation de devenir mannequin etc., toutes ces choses sont son moyen de manifester le manque d’attention qu’elle a reçue de papa et maman depuis toute petite ! Elle a besoin qu’on la regarde, elle a toujours voulu se sentir apprécié et aimé. Je peux comprendre que ceux qui n’ont jamais vécu avec elle ne l’apprécie pas, je ne peux même pas leur en vouloir. Mais nous sommes ses frères, notre devoir c’est de la protéger, la soutenir, de ne pas la laisser tomber! Pour ma part je tente de faire tout ça, mais toi, t’es l’aîné ! Tu l’as vu naître et grandir ! Tu étais le plus à même de l’aider à pas partir en vrille et au lieu de ça tu as passé le plus clair de ton temps à la savonner et à la descendre plus qu’autre chose ! Ça n’a fait qu’empirer les choses !

 

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- Ah ouais, donc là t’es en train de dire que si Tea se comporte comme une pétasse, c’est en partie à cause de moi ?! Commença à s’emporter Aldarik qui n’en croyait pas ses oreilles ! – Tea est une cause perdue depuis sa puberté et on ne pourra rien faire pour elle, maintenant ! Va falloir que tu te mettes ça dans ta petite tête une bonne fois pour toute ! Tu as raison sur certains points, je te l’accorde ! Mais crois pas que je n’ai pas essayé de l’aider ! J’ai juste fini par abandonner parce que tout ce que je lui disais ne lui faisais ni chaud ni froid. J’ai préféré lui tourner le dos et continuer ma vie et tu devrais faire pareil ! Honnêtement, je pensais qu’après tout ce que tu as vécu à Helsinki à cause d’elle et de cette taré qui a shooté tes amis (et a faillit te faire du mal, à toi aussi), tu comprendrais enfin que tu ne peux plus te permettre de voler à son secours ou de lui rendre des services aussi tordus ! Elle a vingt deux ans aujourd’hui, son destin lui appartient et tu n’as pas à mettre ton propre futur en péril pour elle ! Je sais très bien que tu as demandé à aller à L.A pour te rapprocher d’elle, mais tout ce que je te demande, c’est de ne plus t’impliquer dans ses affaires. 

- Dans une famille on doit s’épauler quoi qu’il arrive, Rick. Je ne peux pas la laisser tomber, je ne pourrai jamais le faire. Si il lui arrivait quelque chose, je ne m’en remettrai pas et je m’en sentirai coupable sachant que j’aurai pu l’épauler et éviter ça. Qu’importe son caractère merdique et qu’importent toutes les conneries qu’elle a fait dans le passé et qu’elle continue de faire. Il faut lui montrer qu’on est là coûte que coûte ! Je ne compte pas sacrifier ma vie pour elle, mais jamais je ne lui tournerai pas le dos comme toi. Wilhem répondit avec force. Il évita de lui parler des opérations chirurgicales de leur sœur de peur d’ajouter d’empirer les choses.

- C’est bien ça ta plus grande qualité mais à la fois ton plus grand défaut. Tu t’attaches trop aux gens, aussi. Comment tu feras quand tu seras vraiment médecin et que tu perdras l’un de tes patients ? Parce que je pense que tu sais très bien que tu ne pourras pas tous les sauver, n’est-ce pas ? Il faut que tu te durcisses un peu plus, tu sais...

 

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- On parle d’un membre de notre famille, là ! Pas d’une personne extérieure ! Je connais les réalités de la vie d’un médecin, merci. Rétorqua Wilhem.

- Tu te comporte comme ça avec tout le monde... Tu veux sauver et épauler tout le monde. Tu veux que tout le monde soit heureux et ne manque de rien. Tu vis au pays des bisounours, Wil. Les mecs comme toi se font écraser ! Dit Aldarik à son tour, d’un ton froid et distant.

- J’ai vu quelqu’un que je considérais comme une amie, tirer à bout portant sur une autre personne que j’appréciais. J’ai vu l’un sortir de son université dans un brancard avec un trou béant dans la poitrine, à deux doigts de la mort et j’ai vu l’autre être escorté par quatre agents spéciaux, menottée et plus tard, envoyé dans un asile dans le fin fond du pays pour gérer son érotomanie et payer pour ses crimes. J’avais réussi à la diagnostiquer, Rick ! J’aurais pu empêcher tout ça ! J’ai fais mon possible pour éviter cet événement mais je n’ai pas été assez rapide dans mon jugement. Si je l’avais été, rien de tout ça ne se serait passé et peut-être qu’Helga aurait reçu un traitement moins dur que dans l’établissement où elle se trouve actuellement. J’y ai également une part de responsabilité puisque je lui ai fait découvrir la méphédrone.  Puis merci mais je sais très bien où je vis, que rien n’est simple, que de belles enflures sont parmi nous mais je veux pouvoir aider mon prochain du mieux que je peux et ça, jamais ça ne changera. Quoi qu’il advienne. Ma plus grande force c’est de voir le bien en chaque personne, quelque soit son passé et je sais que de bonnes paroles peuvent empêcher que de grosses cata ne se produisent. Répliqua Wil avec passion. Cela ne fit que provoquer un léger rire jaune de son grand frère.

- Loué soit Saint Wilhem ! S’exclama-t-il en levant exagérément les bras vers le ciel sous les yeux ennuyé de son petit frère. - Bon on va arrêter notre conversion ici puisqu’on ne sera jamais d’accord et j’en ai marre de me répéter. Mène ta vie comme tu l’entends mais ne viens pas te plaindre quand tu comprendras enfin que certaines personnes sont des causes perdues et qu’il ne sert à rien de gaspiller sa santé à les aider. Je vais appeler la gouvernante pour qu’elle commence à préparer le dîner, les parents devraient arriver dans deux heures. J’ai un peu de travail à faire avant qu’ils n’arrivent.

- Mouais... Dit Wil en le regardant sortir de la pièce avant de soupirer de lassitude.

 

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Il se dirigea vers sa serre et reprit son travail tout en ressassant les événements de l’année passé. Du premier jour où il rencontra Helga jusqu’au jour de son pétage de câble et de son arrestation. Elle semblait tellement normale lors de leur première rencontre. Bon, elle avait l’air d’être réservée, timide est très peu sûre d’elle mais il n’arrivait toujours pas à croire que la méphédrone ait exacerbé sa personnalité et sa perception de la réalité et surtout que son érotomanie se soit révélé en grande partie à cause de cette substance. Il ressassait ces événements sans cesse depuis un an bien qu’il essayait de ne pas y penser en se plongeant dans le travail mais de temps à autre, il se bousillait presque sa santé mentale avec des « et si » et se disant sans cesse que toutes ces péripéties auraient pu être évitées ou maîtrisées pour à la fin se dire que le mal était fait et que ça ne servait à rien de se torturer ainsi.

En fait, Wilhem savait qu’il pourrait espérer reprendre une vie normale en parlant avec Helga une bonne fois pour toute. Depuis plusieurs mois, il était en possession des coordonnées du médecin qui s’occupait d’elle à l’Hôpital Psychiatrique où elle séjournait. Pendant tout ce temps, il n’arrivait pas à se décider de téléphoner. Il avait l’impression de trahir ses amis et surtout Sledge et Zupprika en essayant de prendre contact avec la personne qui avait faillit mettre fin à leurs vies, néanmoins il était important pour lui de prendre de ses nouvelles. Il arrêta alors son activité et se rendit en direction de sa salle de bain pour prendre une bonne douche.

 

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Une vingtaine de minutes plus tard, il redescendit dans le salon de sa villa tout en se délectant de l’odeur de nourriture qui émanait de la cuisine. Il sorti son téléphone portable et composa le numéro d’un certain Docteur Viktor Tulinen, psychiatre et directeur de l’Hôpital Psychiatrique de Jyväskylä.  Il attendit quelques secondes avant qu’une voix grave ne retentisse à l’autre bout du fil :

- Docteur Viktor Tulinen, j’écoute.

- Bonjour Docteur. Je me présente : je m’appelle Wilhem Vuokko. Heu... je me permets de vous appeler car l’une de vos patientes se trouve être l’une de mes connaissances et je souhaiterais avoir des nouvelles en ce qui concerne son état de santé. Je voulais également savoir si il serait possible que je puisse lui rendre visite...

- Je suis navré monsieur Vuokko, mais mademoiselle Elvi ne peut pas recevoir de visite jusqu’à nouvel ordre. Lui répondit le psychiatre.

- Est-ce temporaire ? Pouvez-vous au moins me dire comment elle va ?

- Je ne peux vous divulguer aucune information la concernant. Tout ce que je peux faire c’est vous inviter à me rappeler ultérieurement. J’ai interdit les visites à ma patiente pour des raisons de sécurité mais si il y a des améliorations, il se peut que j’accepte qu’elle puisse voir quelques personnes, mais sous haute surveillance.

 

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- Elle ne peut voir personne pour des raisons de sécurité ? Répéta Wil, intrigué par cette information. Helga était toujours un danger pour les autres et pour elle-même ?  

- Je suis désolé mais je ne peux vous en dire plus. Secret professionnel. Appelez-moi ultérieurement ou bien donnez moi votre numéro de téléphone et je vous contacterai pour une éventuelle visite si il y a de l’amélioration et surtout si elle désire vous voir. Vous êtes bien celui qui a alerté la police lors de la fusillade ? Demanda ensuite le docteur bien qu’Helga lui avait parlé de lui à plusieurs reprises lors de leurs sessions.

- Oui, c’est bien moi... Voici mon numéro : 050 998 36 61. Elle vous a donc parlé de moi, alors ?

- Merci pour vos coordonnées. Encore une fois, je ne peux pas vous dévoiler le contenu de mes sessions avec ma patiente.

- Bon très bien... Je comprends. Je vous remercie tout de même de m’avoir répondu et espère recevoir un appel de votre part. Est-ce que vous pouvez au moins lui dire que j’ai appelé ?

- Je peux faire ça. Au revoir monsieur, bonne fin d’après-midi à vous.

 

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- De même. Répondit Wilhem en raccrochant avant de soupirer longuement. Les choses ne semblaient pas du tout aller si les visites lui étaient interdites pour des raisons de sécurité. On dirait que même les médecins ne semblaient pas l’aider à ouvrir les yeux sur ses erreurs et à l’aider à surmonter et soigner ses troubles et son addiction. Le grand blond espérait pouvoir lui rendre visite avant son départ, pour pouvoir lui parler et peut-être enfin tourner la page sur cet épisode et s’occuper de sa sœur.

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