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Les Gen X avaient performés neuf concerts sur dix en une semaine et demi. Chaque concert s’était passé à merveille et l’euphorie du public était au rendez-vous chaque soir. Cependant, il était toujours très compliqué de leur dire au revoir à la fin des spectacles et c’était un déchirement pour les Gen X de voir leurs fans dans un tel état de tristesse.
Le lendemain, c’était le 5 août et le dernier concert du groupe. Ils feraient leur véritable et définitif adieu à la scène en tant que Generation X. Ce serait extrêmement compliqué... mais ils s’étaient juré qu’ils se donneraient encore plus à fond pour ce dernier show.
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Mais aujourd’hui était un jour très important : Karel et Paveł venaient à la rencontre de Köylen.

Il était encore assez tôt chez lui-même et Calypso. Ils étaient en train de préparer les lieux pour l’arrivée de leurs invités. Le grand brun dut rappeler à plusieurs reprises à sa compagne de rester tranquille mais cette dernière voulait quand même faire le minimum, ne supportant pas de rester là à le regarder préparer le repas tout seul.
Ils avaient la maison pour eux seuls depuis hier. En effet, Seb, Maya et les parents de cette dernière se rendirent en Norvège pour que Thunder puisse découvrir le pays de son grand-père et continuer de nouer une relation avec lui. Ils reviendraient le lendemain pour le dernier concert de Gen X et un jour supplémentaire après cela, il était prévu que soit fêté l’anniversaire de Köy et Caly.
Ils allaient avoir 22 et 21 ans respectivement. Que le temps passait vite... et dans exactement onze jours, leurs bébés venaient au monde.

Köylen souriait bêtement en pensant à cela mais son anxiété reprit rapidement le dessus quand il se rappela le programme de la journée. Il n’arrivait toujours pas à réaliser que d’ici quelques heures, son père et son demi-frère seraient ici, avec eux... et qu’il aurait enfin réponse à ses questions.
Il avait beaucoup aimé discuter avec Paveł. Il le trouvait vraiment très cultivé et aussi passionné que lui de musique. Si cela se passait mal avec Karel, il pouvait au moins envisager de nouer des liens avec ce demi-frère qui l’intriguait tant.
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13 H 56
♬ Poets of the Fall - Late Goodbye (Instrumental) ♬

Köylen se regardait une dernière fois dans son miroir pour s’assurer qu’il était bien apprêté. Certes, il s’était habillé avec son style usuel mais le stress lui faisait passer en revue les moindres détails.
Il se sentait prêt et espérait que cette rencontre se passerait bien.
Il se figea quelques instants quand il entendit la sonnette de sa porte d’entrée retentir. Ils étaient là. Köylen ressentit une petite montée d’adrénaline.
- Je vais ouvrir, Köy ! Entendit-il dire Calypso depuis le vestibule de leur foyer.
- Bon... C’est parti... Dit-il à voix basse en se regardant une dernière fois dans son miroir.
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Paveł et Karel, qui était arrivé quelques heures auparavant en Finlande, comme convenu, étaient tout aussi stressé d’être ici. La seule différence entre le père et le fils était que ce dernier avait également vraiment très hâte de faire plus ample connaissance avec son demi-frère. Le père, lui, était plutôt pétrifié de faire face à cet enfant qu’il avait abandonné malgré lui. Toujours est-il qu’il était prêt à faire face à ses erreurs et à tout faire pour les arranger.
Le but de cette rencontre était d’apprendre à se connaître et de rétablir la vérité. Il espérait qu’à l’issue de cette entrevue, ils pourraient tous garder contact et former une famille.
- Ça va aller, papa ! Essaya de le réconforter Paveł. - C’est lui qui a proposé cette rencontre donc ça veut dire qu’il est prêt à t’écouter. Sois juste franc avec lui et tout ira bien...

Karel ne répondit pas explicitement mais il lui fit un petit sourire avant que le stress ne le regagne quand il vit une silhouette lentement arriver vers eux à travers la porte. Ils devinèrent aisément qu’il s’agissait de Calypso.
- Bonjour ! Merci d’être venu. Les salua-t-elle chaleureusement en ouvrant la porte.
- Salut, Calypso ! Merci à vous de nous recevoir. Répondit gentiment Paveł alors que la jeune femme leur fit signe d’entrer.

- Ravie de faire votre connaissance, mademoiselle. Félicitations pour la naissance prochaine de vos triplés Dit Karel un sourire aux lèvres.
Il réalisait avec émotion qu’il allait être le grand-père biologique de ces enfants. Raison de plus pour que cette rencontre se termine le mieux possible.
- Pareillement et merci beaucoup. Le remercia-t-elle très poliment.
Calypso était totalement surprise de la ressemblance de Köylen avec son père. En fait, il était un mélange parfait de ses deux parents. Elle n’imaginait pas qu’il ferait aussi jeune et elle n’arrivait pas à croire tout court qu’il était face à elle.
Elle remarqua qu’il avait un regard triste malgré son sourire. Elle espérait qu’au fil de la journée, il le serait moins. En tout cas elle ferait le nécessaire pour détendre l’atmosphère si elle devenait trop lourde.
Alors qu’elle allait leur proposer de se rendre dans la salle à manger, elle entendit, tout comme ses deux invités, les pas de Köylen à l’étage.
La petite brune regarda très discrètement ce mélange d’excitation et d’appréhension dans le regard des deux hommes et attendit patiemment que son copain apparaisse devant eux.
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Köy prit une longue et très discrète inspiration-expiration pour se débarrasser de ce stress qui ne semblait pas vouloir le quitter. Il reconnut la voix de Paveł, mais l’autre, qu’il reconnut comme étant celle de Karel, était bien plus grave que ce qu’il avait imaginé. Son accent tchèque était un peu moins fort, ceci dit !

Arrivé dans son vestibule, il leur fit enfin face.
- Bonjour, bienvenue à vous. Dit Köylen en anglais, tout en dévisageant les deux hommes l’un après l’autre.
Köylen cacha sa déstabilisation. Karel ressemblait comme deux gouttes d’eau aux rares photos qu’il avait pu voir dans le Tagebuch de sa mère. Il avait juste quelques petites rides. Une chose encore, il était impossible pour le futur ex-leader des Gen X de nier qu’il ressemblait également beaucoup à ce père.
Ce dernier, lui, senti ses larmes monter mais réussi à contrôler ses émotions. Köylen était le portrait caché de sa mère. Même yeux gris perçants, même grain de beauté et même nez. Il pouvait, cependant, se voir en lui... Maintenant qu’il était face à lui et non dans une fosse ou des gradins de concerts.
Karel sourit tristement à son fils. Sourire qu’il lui retourna à sa manière.
- Merci de nous recevoir. Répéta Karel.
- Et c’est un plaisir de pouvoir vous voir tous les deux en chair et en os ! Ajouta Paveł.

Köylen prit son courage à deux mains et s’avança pour leur serrer la main. Geste grandement apprécié par ses invités.

- Suivez-nous dans la salle à manger. Ce sera plus confortable pour discuter... Leur proposa-t-il alors, en prenant Calypso par la taille. - Tu ne bouges plus de ta chaise, toi. Lui murmura-t-il ensuite.
- Oui, chef... En plus ils commencent à s’agiter, là. J’crois que Lauri et Liev sont en train de se castagner.
Köylen ricana en écoutant les pitreries de Calypso au sujet de leurs fils et l’aida à s’installer sur sa chaise.

Pour briser la glace, la jeune femme leur demanda s’ils avaient faits bon voyage et s’ils étaient bien installés dans leur hôtel. Les deux hommes leur répondirent volontiers tout en faisant des éloges sur la beauté de leur pays. C’était la première fois qu’ils venaient et ils avaient déjà été charmés par les lacs qu’ils avaient pu voir en venant chez Köylen et Calypso.
- Bon... Je suppose que tu as beaucoup de questions à me poser... ? C’est la raison pour laquelle je suis là donc n’hésite pas.
- Je connais déjà les grandes lignes concernant ta relation avec ma mère donc je ne te poserai pas de question là-dessus... Je me demandais juste si tu savais qu’elle était enceinte quand tu l’as abandonnée ? Lui demanda directement Köylen qui appréciait que Karel souhaite rentrer dans le vif du sujet.
- Non, je ne le savais pas... J’ai découvert ton existence quand tu es devenu célèbre. Si seulement j’avais su...

- Qu’est-ce tu aurais fait... ?
- Je serais resté et je lui aurais dit la vérité concernant Paveł. Avoua franchement Karel. - Je ne voulais pas que mes problèmes empiètent sur la vie de ta mère. Elle était jeune, insouciante et des projets plein la tête ! Je voulais qu’elle ait une chance de réaliser tous ses rêves quitte à m’effacer de sa vie.
- N’était-il pas plus simple de lui dire la vérité plutôt que de partir du jour au lendemain ? Ça l’a extrêmement blessé parce qu’elle t’aimait sincèrement. Alors quand elle a appris la mort de sa grand-mère et découvert qu’elle était enceinte en même pas une semaine d’intervalle, ça a été très compliqué pour elle. Quand on aime quelqu’un on ne fait pas ce genre de chose. Dit Köylen calmement mais avec émotion et avec une certaine honte également, parce qu’il avait lui-même fait la même chose à Calypso...
- Elle se serait accrochée à moi et je ne voulais pas ça. C’est mon plus grand regret, Köylen... Il ne s’est pas passé un jour sans que je ne pense à mes agissements et alors quand je t’ai vu sur cette affiche au Bontonland**, ça été un véritable choc pour moi. J’ai fait des recherches sur toi et quand j’ai lu que tu étais orphelin, j’étais dévasté... et j’ai... j’ai plongé mon chagrin dans la boisson. Ça a été une sale période... Répondit Karel, la mine triste. - Il faut aussi que tu saches que plusieurs fois j’ai essayé de prendre contact avec toi.
(** Équivalent tchèque d’une fnac.)
Köylen, intrigué par sa dernière phrase, demanda plus d’explications. Karel lui fit alors part de ses voyages annuels à Kiel sous son regard étonné. C’était donc lui qui avait déposé ces fleurs sur la tombe de sa mère.
- Je suis sobre, à présent... Et je le resterai. Le rassura-t-il ensuite. - Je suis vraiment désolé pour ce que j’ai fait à ta mère. Je n’ai plus jamais trouvé l’amour après elle, tu sais... Elle était tellement géniale et belle... Je n’avais jamais vu d’aussi beaux yeux. Tu as la chance d’en avoir hérité.
- Ça me vaut quelques ennuis des fois... Dit Köylen, un léger sourire au coin des lèvres.
Il constata que Karel avait l’air sincère dans ses paroles et Köylen se sentait en quelque sorte mal pour lui. Il comprenait ses agissements même s’ils n’étaient pas corrects pour autant.
- Est-ce qu’elle a pu réaliser son rêve de devenir chanteuse avant de s’éteindre... ? Je présume que si c’était le cas, elle a dû être connu sur le plan national et n’a pas eu le temps de s’exporter hors d’Allemagne.
- Au contraire, elle a fait danser le monde entier dans les années 90 et encore aujourd’hui... Dit Köylen en ricanant un peu.
- Ah bon... ? Comment j’ai pu passer à côté de ça, alors ?

- Ozzy était ma mère. Se contenta de répondre le chanteur et sans surprise, il vit les yeux des deux hommes s’arrondir.
- C’est vraiment pas le style de musique dans lequel je la voyais évoluer !! S’exclama Karel. - J’dois avouer que je me suis déjà ambiancé sur certaines de ces chansons, mais jamais j’aurais cru que c’était Ozvan...
- Elle détestait ces musiques. Elle le faisait uniquement pour l’argent et nous offrir une belle vie. À force de se faire recaler par les maisons de disques qui refusaient ses textes et ses compositions mais étaient uniquement intéressés par sa voix, elle s’est résigné et a fait de l’eurodance pendant huit ans. Expliqua Köylen. - En parallèle, elle m’a formé au chant, au piano, à la guitare et à la basse.
- Rien qu’ça... Ça ne m’étonne pas d’elle. C’était une parolière hors pair et une excellente multi-instrumentiste. Répondit Karel, pensif. - D’ailleurs, en parlant de paroles. Il y a presque onze ans, j’ai reçu ceci.
Il sorti une feuillée pilée en quatre qu’il déplia lentement, sous le regard intrigué des trois jeunes gens. Il mit le papier sous les yeux de Köylen et Caly qui reconnurent immédiatement ces paroles.

- Elle le lui avait bien envoyé, alors... Chuchota Calypso en finnois à Köylen.
- Il n’y avait pas l’adresse de l’expéditeur mais j’ai immédiatement reconnu la belle plume de ta mère. J’ai été évidemment très bouleversé de recevoir ce texte mais une partie de moi était euphorique parce que je m’attendais à ce qu’elle se présente sous mon porche à n’importe quel moment... Révéla Karel. - Mais ce n’est jamais arrivé... et à l’époque je pensais que ce texte elle l’avait écrit pour moi.
- Ce n’était pas le cas... ?
- Ce texte nous est adressé à tous les deux, Köylen. Elle nous annonce sa mort prochaine, qu’elle me pardonne et m’aime malgré mon abandon et que ta naissance lui a été salvatrice. Elle dit qu’elle ne me quitte pas totalement parce que tu es là et que tu es une partie d’elle. C’est lorsque j’ai fait ta découverte que j’ai vraiment compris...
- Donc quand par exemple elle dit avoir gardé en vie l’amour que tu lui as offert, elle parlait bien de moi... ?
- Tu... Tu as également ce texte... ? L’interrogea Karel, visiblement surprit avant de répondre à sa question. - Et oui c’est exactement ça.
Köylen ne répondit pas tout de suite. Il débattait avec lui-même pendant quelques secondes pour savoir s’il allait lui parler de son projet ou non...
- Oui j’ai la version manuscrite de ces paroles... et plein d’autres. Donc j’avais bien compris le sens de ce texte...
Il lui expliqua finalement sa découverte en Allemagne et son projet d’album posthume sous le regard médusé de Paveł et Karel. Ils étaient tout simplement conquis par le plan du chanteur et étaient reconnaissants d’avoir été mis dans la confidence.
- Elle aurait été tellement heureuse... Dit Karel, ému aux larmes. - C’est un magnifique projet.
- Merci. Par contre pas mal de ses chansons te sont adressées et ne sont pas très douces... Dit sobrement Köylen.
- Je comprends tout à fait et je ne peux bien évidemment pas lui en vouloir... Si seulement j’avais su ton existence à temps... Tu aurais pu grandir avec nous. Grandir avec ton grand frère. Vous êtes nés la même année, ça aurait été marrant d’ailleurs... Fit remarquer Karel, un léger sourire au visage alors que celui de Paveł était radieux.

- Si ça avait été le cas je n’aurais jamais fait la connaissance des autres Gen X et je n’aurais sûrement jamais croisé la route de Calypso. Je n’en serai pas là où j’en suis aujourd’hui. Je suis satisfait de ma vie même si elle n’a pas été parfaite, surtout pendant une partie de mon enfance et de mon adolescence. Je me sens relativement en paix, aujourd’hui... et maintenant je vais pouvoir faire davantage votre connaissance.
- C’est vrai... ? Tu me pardonnes, alors... ?
- Oui. Répondit Köylen calmement. - Ma mère t’a pardonné avec ce texte donc je vais en faire de même... De plus, j’ai toujours voulu avoir une grande famille. Caly et moi on en sera bientôt à la tête d’une, alors je ne vais sûrement pas laisser passer l’occasion de l’agrandir davantage. Et puis un jour, ma mère m’a dit que la famille c’est ce qu’il y a de plus important.

Cette fois, Karel et même Paveł ne purent empêcher leurs larmes de couler. Karel se leva et fit signe à son fils cadet d’en faire de même. Ils se prirent dans les bras et cette fois-ci, ce fut autour de Köylen de laisser quelques larmes s’échapper.
Caly, elle, pleurait déjà depuis cinq minutes.

Köylen vint enlacer Paveł à son tour, content d’avoir un frère biologique, même si cela n’effaçait en rien son attachement à Sebastian et Korben qu’il considérait comme tel depuis toujours. Il ne se faisait pas de souci sur le fait qu’ils s’entendraient parfaitement avec ce nouveau membre de sa famille.

- Je voulais vous proposer quelque chose... Dit Köylen.
- On t’écoute...
- Est-ce que vous voulez assister à l’enregistrement de Cradled in Love... ?
- Rien ne nous ferait plus plaisir, Köylen.
Sans dire un mot, il prit Calypso par la taille et les invita à les suivre vers leur studio d’enregistrement.

Karel et Paveł entrèrent dans la pièce, émerveillés. Ils furent cependant prit de tristesse quand ils virent les urnes de Jan et Torsten...

Une fois Calypso installée à la table de mixage, elle ouvrit ProTools et fit le nécessaire pour préparer le début de l’enregistrement pendant que Köylen montrait ses instruments à son père et son frère.
- Donc c’est le fameux piano de ta mère... ? Demanda Karel. Köylen se contenta d’acquiescer d’un bref hochement de tête. - Je me souviens qu’elle m’en parlait tout le temps de cet instrument. J’en devenais presque jaloux...
Le chanteur rit sincèrement en imaginant la scène.
- C’est quand tu veux, mon cœur. Entendit-il dire Calypso à l’aide de son micro.
Sans plus attendre, Karel et Pavel quittèrent la salle d’enregistrement afin de rejoindre la jeune femme. Ils trépignaient d’impatience d’entendre ce magnifique titre... En particulier le père de Köylen qui avait l’impression qu’il pouvait sentir la présence d’Ozvan à chaque fois qu’il posait les yeux sur son fils.
