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    De retour à Cuba, Maya tenta une dernière fois d’essayer d’obtenir l’approbation de ses parents pour la laisser partir seule en Finlande. Lorsqu’elle arriva dans son salon, elle remarqua que sa mère n’était plus présente alors elle se dit qu’elle aurait un résultat plus concluant avec son père qui avait moins de mal à lui refuser quelque chose et qui la comprenait beaucoup plus.

    Elle se dirigea alors vers lui et remarqua rapidement qu’il avait l’air très pensif. On aurait dit que quelque chose le tracassait et elle fut plutôt intrigué de le voir dans cet état... Elle se demandait si c’était à cause d’elle et de sa volonté de partir. Elle espérait que ce ne serait pas le cas.

    - Papa... ? Tout va bien ?

    - Oui ça va ma puce ne t’en fais pas. Tenta-t-il de la rassurer en manquant de sursauter.

     

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    - Heu... Je voulais te redemander pour la Finlande. J’ai pensé que je pouvais faire un bilan de santé, comme ça si tout va bien, vous auriez la preuve que je ne cours aucun risque à partir là bas. Je ne tiens pas à y aller avec Kristina ! Tu sais très bien comment elle se comporte avec moi...

     Son père soupira longuement avant de lui répondre d’un air blasé.

     - Tu comptes beaucoup pour elle même si elle est exécrable avec toi... Elle a toujours été du genre à cacher ses sentiments envers toi. Elle t’aime, n’aie aucun doute là-dessus et pour ton idée de faire un bilan pour partir, ça ne sert à rien... Tu devras en faire un même si tu ne pars pas et tu sais très bien que le moindre choc peut être dangereux même si ton bilan est excellent ! Puis je n’aime pas te savoir à des milliers de kilomètres avec des inconnus !

     - Rah mais fais moi confiance papa, je les connais bien maintenant et je te promets que je ne ferai pas trop la folle ! Quoique, avec Caly, ça va être dur ! 

     

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    - Tu as l’air de beaucoup l’apprécier cette jeune fille... Fit Brian en tentant de garder un air détaché et anodin.

    - Oui, le feeling est passé plutôt rapidement et on a de nombreux points communs et de délires ! Puis surtout, nos copains sont meilleurs amis !

    - Le brun aux yeux effrayants là, c’est lui son copain c’est ça ? Demanda alors son père, intéressé de connaître Calypso par le biais de sa deuxième fille.

    - Ouais, ils se sont mis ensemble quand on était en Floride justement ! Ils vont trop bien ensemble, je t’assure ! En plus elle est chanteuse dans un groupe, elle m’a fait écouter ses chansons ! Je ne comprends rien vu que je ne parle pas finnois mais c’est super bien ! Elle m’a filé des titres, je pourrais te les faire écouter !!

    - Ce serait avec plaisir, ma chérie ! Je ne vais rien comprendre non plus mais bon... Brian avait très hâte d’entendre la voix de Caly. En fait, tout ce qui avait un rapport de près ou de loin avec elle l’intéressait... depuis le temps qu’il était sur ses traces... 

     

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    - En plus tu vas aimer, c’est du rock !

    - Tu écoutes ça toi maintenant ? Se moqua affectueusement le grand blond. – C’est fini ton amour démesuré pour Daddy Yankee et sa voix de castré ?!

    - Nianianiah... Fit Maya de manière enfantine. – Alors, sinon tu dis quoi pour la Finlande ?

    - Je vais y réfléchir... Dit alors son père en reprenant son ton sérieux.

    - Ok, mais pas trop longtemps hein ? Grimaça la grande brune même si c’était déjà une petite victoire pour elle. – Bon, je te passe les musiques du groupe de Caly et je vais faire un tour dehors avant la tombée de la nuit ! Elle est où maman au fait ?

    - Elle a une villa à faire visiter à des clients, elle ne sera pas de retour avant un petit moment !

    - Ah... Ok !

     

     

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    Cela faisait maintenant un bon moment que Brian écoutait les chansons de cette jeune fille qu’il avait cherché depuis de nombreuses années. Il aimait beaucoup sa voix et savoir qu’elle avait la musique pour passion le rendait très fier. Depuis que Mila avait tenté d’appeler Evangelia, il n’avait pas arrêté de penser à elle et à sa propre jeunesse.

    Brian se souvenait du jour où il avait débarqué à Cuba. Il était à cette époque au plus bas car sa petite amie était morte en donnant naissance à sa Kristina. Il s’était retrouvé avec un bébé à gérer à à peine dix neuf ans et ayant grandit dans les quartiers chauds de New York, il ne voulait pas que son enfant y grandisse à son tour. Il avait donc choisi de faire sa vie sur la petite île de Cuba où il avait reprit ses études pour devenir Agent Immobilier. Il possédait un appartement et Kristina avait une nourrice qui n’était autre que la mère des fausses jumelles Crùz. 

     

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    Ce fut ainsi qu’il fit la connaissance de ces deux adolescentes de seize ans. Une amitié naquit et les trois jeunes gens se voyaient très souvent. Rapidement, il s’était lié plus intimement avec Mila à qui il donna accidentellement un enfant un an plus tard... Malgré ses sentiments pour la mère de sa deuxième fille, il était aussi attiré par Evangelia avec qui il lui arrivait de coucher de temps en temps. Il avait honte à l’époque (et encore maintenant) de son comportement mais c’était plus fort que lui, la manière d’être d’Evy lui plaisait énormément et contrastait vraiment avec le calme et la gentillesse de Mila. Il avait trompé cette dernière avec sa propre sœur pendant presqu’un an avant qu’elle ne décide de disparaître en Angleterre du jour au lendemain...

    Il n’avait jamais su pourquoi jusqu’à ce que la police appel chez les parents de Mila pour leur annoncer l’arrestation d’Evy pour une tentative d’assassinat sur son bébé peu après sa naissance. Bien sûr, il aurait pu penser que cet enfant était celui de quelqu’un d’autre mais Brian savait très bien qu’il était le seul homme avec qui elle avait couché dans sa vie donc il était obligé qu’il soit le père.

    Il prit son téléphone portable, le regarda un instant et tenta lui-même de joindre Evangelia. Il espérait qu’il aurait plus de chance que sa femme et qu’il pourrait lui exprimer le fond de sa pensée ce soir....

     

     

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    Evy, pendant ce temps, prenait du bon temps avec l’un de ses amants, dans son piteux appartement dans la périphérie de Londres. Alors que son partenaire donnait le meilleur de lui-même pour la satisfaire, la sonnerie de son téléphone vint les perturber dans leur loisir. La jeune femme fit comme si de rien n’était et continua de prendre du plaisir dans les bras de son amant mais ce dernier semblait plutôt perturbé par la sonnerie incessante de l’appareil.

    - Tu ne veux pas répondre une bonne fois pour toute ?

    - Non, la messagerie n’est pas faite pour les chiens, si c’est vraiment important la personne laissera un message.

    - Ca me déconcentre, Evy ! Pesta le grand brun en se retirant d’elle.

    - T’es casse couille ! S’irrita-t-elle en se levant à contre cœur pour répondre.

    - C’est pour ça que tu m’aimes, chérie.

    - Rêves pas trop Socrate ! Dit-elle en enfilant à la va vite, le premier vêtement qu’elle trouva au sol. 

     

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    Elle prit son téléphone sans même regarder de qui provenait l’appel, décrocha et demanda dans un ton désagréable.

    - Qu’est ce qu’il y a ?

    - Evy... ? C’est toi... ? Fit la voix masculine au téléphone.

    - Non, c’est Chuck Norris ! Vous n’avez pas vu l’heure ?!

     

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    - Tu n’as pas changée on dirait... Continua son interlocuteur d’un ton tendre qui surprit Evangelia.

    - Non mais c’est qui là ? La jeune femme commençait à perdre sérieusement patience.

    - C’est moi, Brian...

    La jeune femme se raidit d’un coup et regretta aussitôt de ne pas avoir regardé la provenance de l’appel. Avec l’indice téléphonique, elle aurait pu deviner que c’était un appel de Cuba et éviter de répondre. Mais entendre la voix de cet homme qu’elle avait aimé et avec qui elle avait fait du mal à sa sœur lui retourna l’estomac... 

     

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    - Socrate, dégages. Ordonna Evy en mettant sa main sur le microphone de son portable afin que Brian ne l’entende pas.

    - C’est qui ?

    - Ta mère ! Répondit-elle au tac au tac, d’un ton mauvais. – Mêles toi de ton cul et dégage de chez moi. 

     

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    Son amant haussa les épaules, pas le moins irrité. Il connaissait que trop bien le tempérament changeant de son amante et il aimait plutôt ça. Il se rhabilla rapidement et se dirigea vers la porte de sortie.

    - Appelle-moi quand tu auras de nouveau envie de moi.

    - Ouais, ouais. Répondit rapidement la grande brune avant de reprendre Brian au téléphone. – Qu’est ce que tu veux ?

     

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    - Pourquoi tu as fait ça Evy... ? Demanda-t-il d’une voix remplie de douleur

    - Vous ne voulez pas me foutre la paix toi et Mila ? L’attaqua-t-elle aussitôt. J’en ai rien à foutre que vous ayez retrouvé ma fille ! Adoptez-la si vous le voulez tant, mais foutez moi la paix avec ça ! J’essaye de me battre chaque jour pour ne pas penser au chaos qu’est devenue ma vie à cause de l’erreur que j’ai faite de coucher avec toi alors que tu étais fiancé à ma sœur ! Si tu ne m’avais pas tenté, tout ceci ne serait pas arrivé ! Tu as une part de responsabilité dans mon acte, Brian !

    - Je le sais... et c’est en partie pour ça que j’ai tout fait pour rechercher notre fille. On l’a retrouvé par pur hasard figures toi...Continua Brian. – Maya l’a rencontré lors de son voyage à Miami. Nous savons qu’elle vit à Helsinki, qu’elle chante et qu’elle a un petit ami. Un certain Köylen Paweltruc... Il serait très célèbre en Europe, tu vois peut-être qui ça peut être... Le monde est vraiment petit Evy... Il n’y a pas d’autres mots...

    - Oui, je connais Gen X et j’aime pas du tout d’ailleurs. Puis je m’en tape de la vie de cette gamine. 

     

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    - Elle est le fruit de notre amour Evy, tu ne peux pas t’en foutre. Je te pardonne pour ce que tu lui as fait... Mais aime là, c’est une partie de toi et de moi. Lors de sa conception, on s’est aimé !

    - Mais bordel de merde, tu ne comprends donc rien ?? On a trahit Mila ! Je ne pouvais pas la regarder en face ! Comment as-tu fait, toi, pendant ces nombreuses années pour continuer de vivre ta vie avec elle en sachant que tu couchais avec moi derrière son dos et qu’en plus tu avais un enfant dans la nature ?! Tu ne comprends donc pas que c’est la honte qui m’a fait prendre la décision de me débarrasser de la petite ?

    - Il y avait des manières beaucoup plus intelligentes pour te séparer de Calypso sans tenter de la tuer, Evy. Dit Brian qui, lui, gardait son calme. – Elle est innocente et n’a pas demandé à naître. Si elle est là c’est à cause de nous. Ton acte était des plus imbéciles et en quelque part je dirais que tu mérites ce qui t’arrive. J’aurais pu m’occuper d’elle si tu n’en voulais pas, et tu le sais.

    - Ah ouais ? Alors comment expliques-tu le fait que Mila ne soit toujours pas au courant que cet enfant est le notre ? La pauvre est à la recherche de sa nièce mais ne se doute pas une seule seconde qu’elle est aussi la fille de son propre mari ! Haha ! Rit Evy, amèrement. - Si vraiment tu voulais t’en occuper, tu lui aurais dit la vérité depuis le début alors me fais pas chier. 

     

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    - Tu as raison, j’aurais dû lui en parler depuis le début... Maintenant que nous l’avons retrouvé, je compte lui dire la vérité mais à quel moment je ne sais pas. Elle ne me ressemble pas tellement donc Mila n’a pas pu faire le rapprochement... encore heureux tu me diras mais Calypso est ton portrait craché, Evy. Dès qu’on l’a vu en photo, on a tout de suite comprit qui elle était, elle a tout prit chez toi.

    - Eh bien faites ce que vous avez à faire. Je ne veux plus entendre parler d’elle et de vous ! Vous m’avez méprisé durant mon jugement et mon incarcération, ce que je comprends... Alors oubliez-moi ! Efface mon numéro aussi... D’ailleurs, comment vous l’êtes vous procuré ?!

    - On appelé la police de Londres tout simplement puisque tu restes sous surveillance bien que tu sois libre maintenant... Mais tu sais, je t’ai vraiment aimé à cette époque Evy... J’aurais quitté Mila pour toi. Tu dois me trouver horrible de te dire ça mais c’est la vérité. Je l’aurais quitté pour toi... si tu m’avais annoncé ta grossesse...

    - Arrêtes Brian... Tu... Tu dis n’importe quoi ! 

     

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    - Non. Ce que tu ressentais pour moi était réciproque. En fait je vous aimais toutes les deux très fort mais de deux manières différentes. Quand tu es partie j’étais très mal, aussi mal que Mila. Par contre quand j’ai apprit ce que tu avais fait à notre bébé, je t’en ai voulu comme jamais et malgré le fait que je te pardonne cet acte aujourd’hui, je t’en voudrais à jamais de m’avoir privé de ma fille mais surtout de lui avoir fait du mal juste parce que tu avais « honte » d’avoir trahit ta sœur. Bref, saches juste que je vais faire partir Maya en Finlande, elle va passer un moment avec sa sœur sans le savoir... le hasard à voulu qu’elle sorte avec le meilleur ami du copain de Calypso ! Brian émit un faible rire avant de poursuivre. – Je compte bien tenter de rattraper toutes ces années perdues avec elle dès que ce sera possible et si elle ne sait rien de son histoire, je lui raconterai tout en détail. Si tu veux te sentir mieux, j’aimerais que tu la rencontre également. Le jour où tout sera mit en place, je te recontacterai... D’ici là tu auras le temps de réfléchir à tout ça, parce que c’est un évènement qui va mettre un peu de temps à arriver. 

     

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    - Je ne veux pas la voir. Dégagez de ma vie, je suis bien mieux sans vous ! Je ne veux pas voir cette gosse !!!

    - Tu t’en veux pour ce que tu lui as fait mais tu ne veux pas l’admettre ! Le seul moyen que tu as pour remonter la pente c’est de lui parler ! Je te recontacte bientôt... et pas la peine de changer de numéro de téléphone, je te retrouverai quand même.

     

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    Brian raccrocha sur ces dernières paroles et laissa Evangelia réfléchir à cette conversation, elle en avait besoin. Il était content de l’avoir entendu mais un mélange de nostalgie et de colère s’était mêlé en lui. Il s’était rappelé tous les bons moments qu’ils avaient passés ensemble mais aussi de quelle manière ils avaient abusés de la gentillesse et de la confiance de Mila...

    Il se haïssait de lui avoir fait du mal et redoutait malgré lui le jour où il devrait lui dire toute la vérité sur cette affaire car il s’exposait au risque de détruire sa famille. Il était pratiquement sûr que sa femme se séparerait de lui pour avoir été trompée pendant si longtemps mais c’était un risque qu’il voulait prendre pour pouvoir avoir la chance de connaître et de tisser des liens avec sa troisième fille.